
Ça
tombait très bien. Alors que je peste souvent sur le fait que les
concerts qui m’intéressent sont quasiment toujours à Paris et en
semaine, autrement dit jamais quand je peux, red sparowes passait le 30
avril au Nouveau Casino, pile dans le week-end du pont du 1e mai que
j’avais prévu de passer à... Paris ! Je ne pouvais pas rater ça !
Pour présenter un peu le groupe, red sparowes (oui, avec un seul r, je ne sais pas pourquoi) est un groupe de post-rock monté par Josh Graham, l’homme derrière les clips et les visuels de Neurosis et membre de Battle of Mice.
Leur son est assez particulier et pas mal atmosphérique dans certains
passages de leurs morceaux. Ce côté de leur musique est très
appréciable et on ne s’en étonne pas trop quand on sait qu’un des
guitaristes d’Isis, Bryant Clifford Meyer,
fait partie du groupe. Différence ici (entre autres), la musique de red
sparowes est purement instrumentale donc exit la voix hideuse qui gâche
tout, ce qui m’arrange bien. Voilà la petite présentation faite,
repassons au compte-rendu du concert.
Ce
dernier était prévu à 19h30, mais les gens n’ont commencé à arriver
vraiment que vers 19h, je n’ai donc pas eu trop de problème pour bien
me placer, même si la salle n’était pas bien grande. Une fois tout le
monde rentré, un type commence à faire de l’electro avec son laptop.
(Bonne) surprise, j’avais lu sur un forum qu’il n’y aurait pas de 1e
partie. La musique de Sunshine Parker, son nom que je
n’ai appris qu’en sortant de la salle, était un peu "facile" mais
sympathique, bien que souvent trop saturée à mon gout, et moins
intéressante après les 2-3 premiers morceaux.
Enfin, les
moineaux rouges arrivent, s’installent, posent de petites lampes rouges
sur la scène, puis la jaquette de leur excellent dernier album, every red heart shines toward the red sun,
est projetée derrière eux. L’excitation me gagne : le concert
commence ! Et quel démarrage ! C’est sur une version live détonante de Buildings began to stretch wide across the sky, and the air filled with a reddish glow
(je reprends mon souffle), qu’ils introduisent superbement ce
concert, qui durera une bonne heure et demi. Mais une fois plongé dans
leur musique, le temps passe vite, trop vite, et malheureusement j’ai
eu l’impression que moins d’une heure s’était passée. Le concert n’en
restait pas moins excellent, mis à part au tout début où la basse de
Greg Burns couvrait un peu trop une des guitares, celle de Josh Graham
il me semble.
Le groupe enchaine sur un morceau de "every red heart..." que j’aime beaucoup, A message of avarice rained down upon us and carried us away into false dreams of endless riches,
qui comme pas mal d’autres morceaux est vraiment magnifié en live et
dont l’introduction m’enveloppe totalement dans leur univers musical.
Je me laisse transporter et c’est un régal. Derrière eux, les moineaux
rouges projettent des videos de paysages, parfois désolés, désertiques,
de gens, de foules, dont les teintes varient autour du jaune et du
rouge, et dont les thèmes sont souvent en adéquation avec leur musique
et "every red heart...". C’est assez sympathique même si j’avoue n’y
prêter attention qu’occasionnellement, préférant fixer les musiciens ou
bien fermer les yeux pour mieux m’évader de temps en temps.
Le
concert continue, et c’est principalement des morceaux de "every red
heart..." qui sont joués, toujours aussi bons. Mention spéciale à The great leap forward poured down upon us one day like a mighty storm, suddenly and furiously blinding our senses et à Like
the howling glory of the darkest winds, this voice was thunderous and
the words holy, tangling their way around our hearts and clutching our
innocent awe qui sont vraiment monstrueuses en live.
Le
groupe fait mine de partir, mais revient bien vite pour le rappel, et
conclut le concert aussi magistralement qu’ils l’avaient commencé: sur Alone and unaware, the landscape was transformed in front of our eyes de leur premier album At the soundless dawn, vraiment magnifique en live, sur fond d’immeubles s’effondrant.
red sparowes
nous quitte, le concert est déjà fini, et j’ai du mal à l’accepter. Je
sors de la salle encore ivre de leur musique et repasse dans ma tête
les meilleurs moments de cette soirée. S’ils passent près de chez vous
et que leur musique vous plait, allez y, vous en aurez pour votre
argent et pour vos oreilles.



![Le visage du mal [Le chant de l'oiseau de nuit 2], de Robert McCammon](/dotclear/public/bouquins/lecturedumoment/.cover_visagedumal_mccammon_s.jpg)
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